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+Mémoire de Master+

Je suis actuellement étudiante à l'Inalco en Master 1, et je réalise à cette occasion ce qu'on appelle un mini mémoire.
Le thème de mon mémoire portera sur la culture underground deTôkyô. Quand je parle d'underground, je fais veux parler surtout des petites communautés en marge de tout: les Lolita, les "visualeux", les Gyaru etc.... Je veux traiter de la place qu'ils se donnent dans la société moderne, mais aussi celle qu'on leur donne. Et par la suite, il serait intéressant de faire un parallèle avec la place qu'ils ont en France.
Je fais ce blog, car une moitié de mon mémoire portera sur les jeunes français influencés par ces communautés, il est donc important pour moi que je puisse partager mes reflexions sur ce sujet avec les premiers intéressés! J'espère que ce blog me permettra de pouvoir alimenter mon mémoire grâce aux gens qui se sentiront concernés par le sujet.

Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 21:03

Qu’on se le dise, être gyaru est un état d’esprit. Je ne sais pas encore ce qu’il en est précisément à l’heure actuelle, mais dans les années 90, la vie des gyaru n’était pas rose. Loin de là.

De petites ados perdues, en mal d’action, investissent les quartiers de Shibuya, se lient avec de la racaille (les Chima) en échange de services, de drogues, d’entrée dans les clubs qu’ils contrôlent. En résumant très vite, les filles deviennent des gyaru, des filles provoquantes se baladant aux bras d’hommes appartenant à des gangs. Elles se prostituaient pour la drogue, l’argent et la sécurité qu’ils pouvaient leur offrir. Très vite les choses dérapent (je reviendrais sur les détails dans un autre article). L’état se débarrasse de toute la vermine de Shibuya, il ne reste que les groupes de kogyaru, enfin débarrassés de toute menace.

Indépendantes, elles peuvent enfin faire leur propre choix. Elles sont libres, mais leur activité reste sensiblement la même chose : prostitution.. Elles rejoignent des clubs de rencontres par téléphone et des salons de massage : c’est une " prostitution institutionnalisée ". Pourquoi de jeunes filles se lancent dans de telles activités ?
A ce moment là, on est en pleine crise économique, et les parents donnent moins d’argent de poche. Du point de vue d’une adolescente extérieure, voir un groupe de jeunes filles sexy, avec des sacs de grandes marques, en train de déambuler dans la rue, c’est une vision plus que tentante.
Rejoindre ces filles, c’est appartenir à un groupe d’une part. Ensuite, pour arriver à suivre le train de vie de ce groupe, il faut gagner beaucoup d’argent. Le moyen le plus efficace est de travailler entre autre dans un club de rencontre téléphonique. C’est un cercle vicieux, elles s’engrènent entre elles. Une fille seule n’oserait pas, mais être cinq copines à y aller provoque un mouvement de groupe, tout est plus simple. Ensuite, s’ouvrent à elles milles et une façon de faire de l’argent facile avec leur corps. Comme revendre leur sous-vêtements, et de ces petites activités " simples à réaliser ", on peut tomber très vite dans la prostitution pure, à force d’en vouloir toujours plus.

Un nouveau terme va faire son apparition : Enjo kosai (relation d’assistance)


C’est une sorte de prostitution, dans le sens où la jeune fille entretient un rapport à long terme avec son client. L’homme lui achète des habits, l’emmène au restaurant, donne de l’argent etc., et elle se tient à sa disposition en échange. Est-ce qu’elle couche ? Je dirais que cela dépend de la fille. C’est pas une obligation. Pour trouver ses pigeons, l’idéal est de rejoindre un club qui organise des rencontres. Plus tu as de clients, plus tu as de sacs Vuitton. Ce fléau s’est vivement répandu par le billet d’un autre fléau : le téléphone portable. De la sorte, aucun contrôle des parents n’est possible. Les jeunes gyaru ont l’impression d’être indépendantes, riches, et d’être quelqu’un de différent.

Encore une fois, le motif de la différence ressort nettement. Le sentiment d’être un individu à part entière en s’intégrant dans un groupe peut paraître curieux. On dira que c’est un " groupe d’individus ". Leur groupe est une force qui les pousse à s’écarter du modèle traditionnel. Elles ont le dessus sur la gente masculine, ce ne sont que des instruments dans leur vie, des porte-feuilles vivants, de l’argent facile. Comme je l’avais ressenti dans mon article " la révolution féminine en marche ", elles ne veulent pas vivre comme leur mère. Elles préfèrent dépenser sans compter dans des vêtements de marques et avoir un pouvoir sur les hommes.

Le marché n’est ouvert qu’aux jeunes filles, malgré le fait que personne ne contrôle l’âge de personne. C’est quand même un mode de vie trop éphémère. Ces ados perdues dans ce tourbillon d’opulence, seront-elles un jour des futurs femmes comblées par une vie ordinaire ?


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