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Gyaru style

Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 21:03

Qu’on se le dise, être gyaru est un état d’esprit. Je ne sais pas encore ce qu’il en est précisément à l’heure actuelle, mais dans les années 90, la vie des gyaru n’était pas rose. Loin de là.

De petites ados perdues, en mal d’action, investissent les quartiers de Shibuya, se lient avec de la racaille (les Chima) en échange de services, de drogues, d’entrée dans les clubs qu’ils contrôlent. En résumant très vite, les filles deviennent des gyaru, des filles provoquantes se baladant aux bras d’hommes appartenant à des gangs. Elles se prostituaient pour la drogue, l’argent et la sécurité qu’ils pouvaient leur offrir. Très vite les choses dérapent (je reviendrais sur les détails dans un autre article). L’état se débarrasse de toute la vermine de Shibuya, il ne reste que les groupes de kogyaru, enfin débarrassés de toute menace.

Indépendantes, elles peuvent enfin faire leur propre choix. Elles sont libres, mais leur activité reste sensiblement la même chose : prostitution.. Elles rejoignent des clubs de rencontres par téléphone et des salons de massage : c’est une " prostitution institutionnalisée ". Pourquoi de jeunes filles se lancent dans de telles activités ?
A ce moment là, on est en pleine crise économique, et les parents donnent moins d’argent de poche. Du point de vue d’une adolescente extérieure, voir un groupe de jeunes filles sexy, avec des sacs de grandes marques, en train de déambuler dans la rue, c’est une vision plus que tentante.
Rejoindre ces filles, c’est appartenir à un groupe d’une part. Ensuite, pour arriver à suivre le train de vie de ce groupe, il faut gagner beaucoup d’argent. Le moyen le plus efficace est de travailler entre autre dans un club de rencontre téléphonique. C’est un cercle vicieux, elles s’engrènent entre elles. Une fille seule n’oserait pas, mais être cinq copines à y aller provoque un mouvement de groupe, tout est plus simple. Ensuite, s’ouvrent à elles milles et une façon de faire de l’argent facile avec leur corps. Comme revendre leur sous-vêtements, et de ces petites activités " simples à réaliser ", on peut tomber très vite dans la prostitution pure, à force d’en vouloir toujours plus.

Un nouveau terme va faire son apparition : Enjo kosai (relation d’assistance)


C’est une sorte de prostitution, dans le sens où la jeune fille entretient un rapport à long terme avec son client. L’homme lui achète des habits, l’emmène au restaurant, donne de l’argent etc., et elle se tient à sa disposition en échange. Est-ce qu’elle couche ? Je dirais que cela dépend de la fille. C’est pas une obligation. Pour trouver ses pigeons, l’idéal est de rejoindre un club qui organise des rencontres. Plus tu as de clients, plus tu as de sacs Vuitton. Ce fléau s’est vivement répandu par le billet d’un autre fléau : le téléphone portable. De la sorte, aucun contrôle des parents n’est possible. Les jeunes gyaru ont l’impression d’être indépendantes, riches, et d’être quelqu’un de différent.

Encore une fois, le motif de la différence ressort nettement. Le sentiment d’être un individu à part entière en s’intégrant dans un groupe peut paraître curieux. On dira que c’est un " groupe d’individus ". Leur groupe est une force qui les pousse à s’écarter du modèle traditionnel. Elles ont le dessus sur la gente masculine, ce ne sont que des instruments dans leur vie, des porte-feuilles vivants, de l’argent facile. Comme je l’avais ressenti dans mon article " la révolution féminine en marche ", elles ne veulent pas vivre comme leur mère. Elles préfèrent dépenser sans compter dans des vêtements de marques et avoir un pouvoir sur les hommes.

Le marché n’est ouvert qu’aux jeunes filles, malgré le fait que personne ne contrôle l’âge de personne. C’est quand même un mode de vie trop éphémère. Ces ados perdues dans ce tourbillon d’opulence, seront-elles un jour des futurs femmes comblées par une vie ordinaire ?

Par Koto - Publié dans : Gyaru style
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 23:08

J’ai pendant longtemps fais l’erreur d’assimiler deux choses différentes : les gyaru et le hime kei (姫系).
Hime veut dire Princesse, et comme son nom le laisse suggérer, les Hime gals s’inspirent de tout l’univers des princesses. Je ne sais pas encore si les Hime sont une sous catégorie de gyaru ou non. Dans les deux témoignages que j'ai vu, la hime était une ancienne gyaru pour l'une, et une Manba pour l'autre. Ce sont des styles qui, tout en restant dans la même mouvence, sont quand même très différents dans la démarche artistique.

Je vous laisse deviner laquelle est une Hime et laquelle est une gyaru hehe


A quoi on reconnaît une Hime ?
La caractéristique principale est la coiffure. Le but est d’avoir un chignon le plus élevé possible, et de grosses boucles blondes sur les côtés.
Le visage (pour les plus extrêmes) ressemble à une poupée, avec la peau bien fardée en blanc, et de long et épais faux cils.

En y regardant de plus près, il est facile de les confondre avec les lolitas (et non les gyaru).
En effet, elles ont les mêmes tenues colorées et romantiques. L’explication est que ces deux courants ont la même idole : Marie Antoinette. Par extension : la cour française. Les lolitas se focalisent d’avantage sur le style de vie de la noblesse. Elles reprennent les codes vestimentaires de l’époque et les ré-interprètent.
Les Hime, avec leur petite couronne sur la tête, font une fixation sur l’image de la princesse. Cependant, elles ne reprennent pas nécessairement la mode baroque. Les robes doivent seulement être fines, très féminines (elles font adultes que les lolita), roses, blanches… Bref ! Mais surtout, ressemblez à une poupée !

Les hime vivent vraiment dans un monde féerique, contrairement a celui des lolitas qui est plein de fantaisie. Une hime vit dans un perpetuel conte de fée, je ne compte plus le nombre de photo où j'ai vu une hime à Disneyland, ou dans une boutique disney.


Quand on les voit sur ces photos, elle sont en effet tout à fait leur place dans un dessin animé walt disney. Elles ressemblent plus à des princesses de contes de fée qu'à Marie Antoinette.

+koto+
Par Koto - Publié dans : Gyaru style
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 00:40

Dans les années 1920/1930, l’état japonais est en pleine réforme sociale. Ces réformes étaient vitales pour lutter contre la classe ouvrière, dangereuse car elle était porteuse d’idées communistes, de maladies et de pauvreté. C’est à ce moment que l’état décide d’éduquer cette classe, afin de faire des économies (pour la guerre…), d’augmenter le pouvoir d’achat des foyers. Il fallait éduquer surtout la femme à être une parfaite femme au foyer, savant gérer les comptes, et veillant à l’hygiène et au bien-être de la famille. L’image de la femme propre et aimante fait son entrée fracassante dans l’imaginaire de la population.

Dès lors, cette image (qui évoluera au fil du temps) n’a jamais quitté mon esprit. Une femme japonaise est une femme soumise, prisonnière de sa maison, et qui ne gagne pas son argent ! Dès les années 20, on fait tout pour que la femme arrête de travailler dans les mines, afin d’économiser un salaire (argent qui sera réutilisé pour la guerre encore une fois). Ensuite, je me souviens encore d’une personne m’expliquant que les jeunes filles japonaises vont à la faculté, mais le véritable but est de trouver un homme ayant une bonne situation. Pas d’avoir un emploi intéressant. La condition féminine au Japon ne me semble pas brillante, même actuellement. Au final, on en revient au fait qu’elle doivent se faire une place dans un monde d’hommes (du moins quand on vise autre chose que la photocopieuse).

Face à ce modèle de soumission et de réserve, il devait fatalement arriver une réaction violente de la part des femmes. Des actions sont menées politiquement. Le droit de vote des femmes, l’accès à l’éducation etc…
Et la jeune génération, la notre finalement, de quels moyens dispose-t-elle pour exprimer son aversion de la femme soumise ? Pour moi, l’antithèse de la japonaise docile et fragile (qui fait tant fantasmer les occidentaux), c’est la gyaru (ギャル
). Il existe pleins de types, avec des noms particuliers. Mais pour le moment peu importe. Une gyaru, c’est une mode, mais c’est surtout la réponse la plus radicale au modèle de la femme discrète qu’on leur vend depuis leur tendre enfance.
Une belle femme traditionnelle japonaise (depuis au moins l’époque Heian –8ème je crois-), c’est un teint blanc, des cheveux noirs profonds et lisses, des beaux yeux bridés noirs. La gyaru décide d’adopter soigneusement l’inverse.



Là où je veux en venir, c’est que la gyaru est opposée visuellement à l’image traditionnelle de la femme japonaise, mais cette opposition ressemble aussi à un refus de ressembler à sa mère, à sa grand-mère. C’est un refus d’avoir la même vie qu’elles surtout. Mais il serait peut-être dommage de cantonner le raisonnement à cette simple question de rejet de la soumission de la femme.
Je pense aussi que être gyaru soulève une autre question, celle de leur rapport à l’identité japonaise.
Kaoru Watanabe disait elle même dans une interview, pour expliquer leurs motivations: " nous envions les occidentales s’avoir d’aussi jolis visages ".

Ces jeunes femmes envient les occidentales ? Sur un pan esthétique à priori. Mais pourquoi rejettent-elles autant le fait d’être japonaise, avec ses cheveux noirs, ses yeux en amandes etc,… ?
C'est encore une fois une occasion de se perdre dans le jeu de l'identité, être gyaru permet de s'évader à sa façon.
Elles ont perdu le physique japonais, mais aussi le comportement. Elles sont malheureusement mal perçues par les autres, car certains les voient comme de la mauvaises graines en échec scolaire, et en rupture avec les autres (dont les parents, en prenant le cas d’un documentaire vu à la télé japonaise). Trop marginales, trop bruyantes, trop fêtardes… on a bien perdu le cliché du jeune ado docile qui bosse en vue de décrocher une place à Tokyo Daigaku (Todai).

Ces jeunes ont d’autres préoccupations, un tout autre raisonnement sur la façon de s’accomplir dans sa vie. Etre mariée et mère, ou avoir une situation n’est plus l’idéal absolu. Se réaliser soi même et être à l’écoute de ses envies et ses aspirations devient une priorité, un choix de vie.

+koto+

 

Par Koto - Publié dans : Gyaru style
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